Wednesday, 25 July 2012

Prison : Philippe El Shennawy a retrouvé espoir - Philippe El Shanawy has found new hope

We received this news via email, and we are glad to know that French prisoner of 37 years has started eating again (English below):

En prison depuis 37 ans, Philippe El Shennawy avait cessé de s’alimenter le 23 mai après le refus de la cour d’appel de Versailles de lui accorder une libération avant 2032. Il pourrait bénéficier d’une liberté conditionnelle.

Cela s’appelle une « peine d’élimination ». Qu’on s’explique : condamné à perpétuité en 1977 pour un braquage et une prise d’otages commis deux ans plus tôt, Philippe El Shennawy a vu la cour d’appel de Versailles fixer le 18 mai dernier sa libération en août 2032. Pas moins. Tel est le tarif pour ce condamné qui a déjà purgé 37 ans de prison, sans avoir tué personne, mais retors à l’administration pénitentiaire et à la justice, cumulant menus délits et brèves évasions. 37 ans : une bagatelle sans doute pour un flic comme le commissaire Broussard qui pensait flingue, geôle et pénitencier avant toute justice, orchestrant alors le procès El Shennawy.

Incarcéré à Poissy sous l’étiquette de « grand banditisme » et sous les verrous au titre de « détenu particulièrement signalé » (DPS), El Shennawy avait entamé, ce 23 mai, quelques jours après la décision de Versailles, une grève de la faim, comme un ultime recours face à l’acharnement des magistrats (qui a valu la condamnation de la Commission européenne des droits de l’homme).

À lire sur Politis.fr (24/7/2012):

 Prison : l’urgence pour les proches de P. El Shennawy, décidé à en finir (28/06/2012)

 Le dernier combat de Philippe El Shennawy, après 37 ans de prison (22/06/2012)

Ce vendredi 20 juillet, il a recommencé à s’alimenter, après avoir obtenu de sortir du classement de DPS, et en attendant un « relèvement de peine de sûreté », dont le jugement sera rendu à l’automne. Plusieurs personnalités, telles Anouk Grinberg, Paul Pavlowitch, Olivier Wieviorka et Tzsetan Todorov ont manifesté leur soutien à cette condamnation à mort qui ne dit pas son nom, auprès de l’Elysée et du ministère de la Justice. Pour Christiane Taubira, c’est le moment de se manifester.

Prison: Philippe El Shennawy regained hope

In prison for 37 years, Philippe El Shennawy had stopped eating on May 23 after the refusal of the Court of Appeal of Versailles to grant him a release before 2032. It could benefit from parole.

This is called a "penalty of elimination." That explains, sentenced to life in 1977 for a robbery and hostage-taking committed two years earlier, Philippe El Shennawy saw the Court of Appeal of Versailles set the May 18 release in August 2032. No less. Such is the price for this convict who has already served 37 years in prison, without having killed anyone, but twisted to the prison administration and justice, accumulating minor offenses and brief escapes. 37 years: probably a trifle as a cop who thought the Commissioner Broussard gun, jail and penitentiary before any justice, then orchestrating the trial El Shennawy.

Incarcerated in Poissy under the label of "banditry" and locked up under "security prisoner reported" (DPS), El Shennawy had begun, on May 23, just days after the decision of Versailles, a hunger strike , as a last resort when faced with the relentlessness of judges (which earned the condemnation of the European Commission of Human Rights).

Read on Politis.fr

Prison: the urgency for the relatives of P. El Shennawy, decided to end (28/06/2012)

The Last Stand of Philippe El Shennawy, after 37 years in prison (06/22/2012)

This Friday, July 20, he resumed eating, after getting out of the ranking of DPS, and pending a "raising minimum sentence," whose judgment will be made in the fall. Several celebrities, such Anouk Grinberg, Paul Pavlowitch, Olivier Wieviorka Tzsetan Todorov and showed their support for the death sentence that dare not speak its name, to the Elysee and the Department of Justice. For Christiane Taubira, it's time to manifest.

Saturday, 14 July 2012

French Prisoner Philippe El Shennawy (58) starving himself to death because of the forever prison sentences

Philippe El Shennawy, who has been in prison in France since 1975, has stopped eating alltogether, because he has no hope of being released, after so many years behind bars, where he keeps on getting years added onto his sentence, even though he has no blood on his hands.


According to his lawyer, there are 600 prisoners who have been condemned "forever", sentences that cannot be done, sentences without reasoning.


Mr Shennawy's wife has had to move 21 times in 36 years in order to live close enough to visit him. He has been put in solitary confinement for 19 years.


In January of 2011, Mr El Shennawy even had France condemned in the European Court of Human Rights for violating his human rights: prison employees did full body searches on him up to 8 times a day, even though he was kept in complete isolation.


Please write to Mr El Shennawy and show solidarity and humanity:


Philippe El Shennawy
Maison centrale de Poissy,
17, rue de l’Abbaye,
78303 Poissy Cedex
France


Links:


Indymedia, June 29th: http://paris.indymedia.org/spip.php?article11229


Facebook page: https://www.facebook.com/belgacem.soltani


Ban Public Facebook group: http://www.facebook.com/pages/Ban-Public/60922189529


Le Numéro Zero: http://lenumerozero.lautre.net/article2423.html


Libération: http://www.liberation.fr/societe/2012/07/04/apres-35-ans-en-prison-et-liberable-en-2032-el-shennawy-veut-mourir_831118


Le Monde, 17th June: http://libertes.blog.lemonde.fr/2012/06/17/philippe-el-shennawy-sortie-de-prison-prevue-en-2032/



This is from Ban Public, a French website for communicating about prisons in France and in Europe, of which Mr El Shennawy is an honorable 
Paris, le jeudi 7 juin 2012.
Bonjour,


Ces quelques lignes dans le but de vous informer de la situation de Monsieur Philippe El Shennawy, cinquante-huit ans. Il a décidé depuis deux semaines de se laisser mourir de faim dans une cellule de la maison centrale de Poissy, près de Paris. Il n’a rien avalé depuis le 23 mai dernier.

Peut-être connaissez-vous Monsieur El Shennawy, personnellement ou de réputation. Son nom évoque pour la presse à sensations une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme à cause des fouilles incessantes imposées par l’administration, son évasion de l’Unité pour Malades Difficiles (UMD) de Montfavet pour résister à la folie vers laquelle le poussait l’institution psychiatrique, sa présidence d’honneur de l’association Ban Public, ou encore le célèbre braquage de l’avenue de Breteuil, au milieu des années 70, dans lequel il nie toujours formellement la moindre implication.

Philippe El Shennawy incarne aussi, pour beaucoup, une sorte de figure emblématique de la « longue peine », de la très longue peine. Bientôt de la peine infinie.

A cinquante-huit ans, il a vécu emmuré vivant presque en continu depuis 1975, date de sa première incarcération pour un vol à main armée.

Il a tourné dans quasiment toutes les prisons de France, baluchonné, étiqueté D.P.S, placé pendant 19 ans à l’isolement.

Plus de trente-sept années plus tard, il est toujours en prison, accumulant des peines qu’il lui reste à faire de 3 ans, 5 ans, 10 ans, 12 ans, 13 ans... Toujours sans avoir la plus petite goutte de sang sur les mains. Il est sous le coup d’une peine de sûreté qui court jusqu’en 2018.

Comme les condamnations dont il a écopé sont tombées pour des faits commis tous en même temps (à vrai dire, pour financer ses quelques mois de cavale), Monsieur El Shennawy a demandé une confusion de peines aux magistrats, afin que les peines les moins graves soient « absorbées » par les peines les plus importantes. Il l’a fait pour essayer de retrouver un horizon, pour pouvoir à nouveau s’imaginer un avenir, pour ne pas continuer à attendre et à faire attendre sa femme, ses enfants et petits-enfants, comme ça, sans savoir.

Mais le 18 mai dernier, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles s’est contentée de ramener sa date de fin de peine de 2036 à 2032, comme si cela changeait véritablement quelque chose, comme si c’était ce qu’il lui demandait, alors qu’elle aurait légalement pu rapporter cette date de fin de peine vers l’année 2017.

Il n’y a aucune motivation à cette décision.

La seule chose à comprendre, c’est que pour la Chambre de l’instruction, il serait parfaitement normal que Monsieur El Shennawy ne sorte qu’à 78 ans, après avoir été privé de ses libertés pendant près de 54 ans.

La trajectoire de Philippe El Shennawy est très particulière, elle ne ressemble à aucune autre. Il n’empêche qu’il fait partie de ces centaines d’hommes en France qui, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité ou, tout simplement, à des peines à temps d’une longueur infinie ou qui s’accumulent entre elles, perdent de plus en plus l’espoir d’une perspective réaliste de sortie.

Son histoire est tout à fait propre à sa personne, son caractère, son entourage (heureusement encore extrêmement présent). C’est un homme d’une grande intelligence et d’un grand courage.

Dans le même temps, son histoire pose vraiment des problèmes beaucoup plus généraux comme l’allongement et l’accumulation des peines prononcées par les magistrats et les jurés, les discours publics de plus en plus présents sur la « dangerosité » supposée des uns et des autres, l’isolement et la solitude toujours plus grands ou, tout simplement, les peines de mort déguisées.

Philippe El Shennawy n’attend plus rien. Il ne demande plus rien. Il veut juste essayer de faire en sorte que les gens, dehors, sachent que des situations comme la sienne existent. Et combien elles sont difficilement supportables pour ceux qui les vivent et leurs proches. Monsieur El Shennawy espère que les choses vont changer. Pas pour lui, il n’y croit plus, mais pour les autres.

S’il a complètement cessé de s’alimenter, il boit encore de l’eau.

C’est un homme fort, solide, mais déjà affaibli par une grève de la faim précédente, de 80 jours.

Son désespoir commence à être plus que pesant.

Surtout, il faut bien comprendre une chose. Cette fois, Monsieur El Shennawy n’est pas en grève de la faim.

Il n’a pas de revendications.

Il n’en peut tout simplement plus.

Il veut juste que ça s’arrête. Et il importait que vous en soyez averti, que ce déni d’humanité ne reste pas dans l’ombre.

Si vous voulez écrire à Monsieur Philippe El Shennawy, son adresse est la suivante
Maison centrale de Poissy, 17, rue de l’Abbaye, 78 303 Poissy Cedex.

Merci de bien vouloir faire en sorte que cette information circule le plus possible, dans tous les établissements pénitentiaires de France.